ONG DAPI-BENIN

(Dispensaire Ami des Prisonniers et des Indigents)

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LAUREAT 2013 DU PRIX DES DROITS DE L'HOMME

DE L'AMBASSADE DE FRANCE AU BENIN

             

 

 

 

     DAPI-FRANCE

             69630 Chaponost

        Tél :+ 33 6 09 69 54 42

        sydapibenin@gmail.com

       

 

Un seul nom :  DAPI,

 

Une seule volonté :

 

aider les prisonniers et leurs familles.

De l'utilité des émissions radiophoniques : la preuve par trois.

 

Par trois, comme les trois enfants que DAPI- Bénin s'apprête à prendre en charge après une émission radiophonique faite à la radio locale de Lokossa, sur les droits de détenus entre autre. Après cette émission réalisée le 23 novembre 2015, un jeune d’une quinzaine d’années de cette localité a téléphoné au numéro de téléphone donné au cours de l'émission, celui de Dominique Sounou, directeur de DAPI.

Cet adolescent a perdu son père il y a 4 ans décédé à la prison de Lokossa lors de son incarcération.

C'est le grand frère ; il y a deux petits garçons après lui. La maman est rapidement partie, elle est peut-être remariée. Le jeune J. est resté seul avec ses deux frères, il a arrêté sa scolarisation pour chercher les moyens de nourrir tout le monde.

Au téléphone, J. a demandé de l'aide à Dominique et il a été accepté à l'internat. Les deux petits vont le rejoindre dans les jours qui suivent.

Pour l'aider à évacuer le traumatisme lié au décès de son père, Dominique a décidé d'emmener J. à la prison de Lokossa. A leur arrivée sur place, J. a refusé de sortir de la voiture. Il revivait trop intensément le jour où il est venu chercher, sans aide et sans qu'aucune explication ne lui soit donnée, le cadavre de son père avec le même véhicule que celui de DAPI-Bénin, un bâché comme on dit au Bénin. Dominique lui a parlé, longuement, puis J. a accepté de descendre, accroché à la main de Dominique. Ensemble, ils sont entrés dans la prison, ont gagné le quartier des mineurs ; Dominique a continué de parler. J. s'est peu à peu détendu et a même demandé à boire dans la prison.

Une approche psychothérapeutique qui, associée à la mise en route d'un apprentissage pour apprendre un métier et à la prise en charge de ses petits frères, va permettre à J. de finir son adolescence dans un contexte apaisé.

Tout cela prend du temps et ne peut pas être fait par Dominique avec tous les enfants. Le manque de  fonds ne permet pas l'embauche d'un psychologue dans notre centre, ni pour accompagner les prisonnier(e)s fragiles psychologiquement. Ce serait pourtant nécessaire et fait partie de nos projets.

 

En dehors de cette histoire poignante, nous avons pu constater lors d'émissions interactives, en particulier sur des radios communautaires, comme à Tchetti, au nord d'Abomey, que la population est toujours intéressée et téléphone pour commenter les propos de l'intervenant de DAPI et pour poser des questions. La télévision ne fonctionne pas bien au Bénin et la radio reste un mode d'information extrêmement écoutée.