ONG DAPI-BENIN

(Dispensaire Ami des Prisonniers et des Indigents)

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LAUREAT 2013 DU PRIX DES DROITS DE L'HOMME

DE L'AMBASSADE DE FRANCE AU BENIN

             

 

 

 

     DAPI-FRANCE

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Un seul nom :  DAPI,

 

Une seule volonté :

 

aider les prisonniers et leurs familles.

La nouvelle prison d'Abomey

La nouvelle prison d’Abomey accueille les détenu(e)s depuis presque deux mois et les difficultés des premiers jours commencent à se résoudre. Pas encore d’eau et d’électricité, mais le forage avec château d’eau s’lève au milieu de la cour et les poteaux en cours d’installation sont maintenant aux portes de l’établissement pénitentiaire.

 

Devant la porte de la prison, les visiteurs  laissent un papier d’identité et un téléphone portable que tout le monde ou presque possède ici. Ensuite ils rentrent et se dirigent à gauche pour gagner le parloir. A droite, se trouvent les locaux de l’administration pénitentiaire.

 

Passée la deuxième porte métallique, on se trouve dans une immense cour rectangulaire entourée des hauts murs extérieurs, avec un mirador à chaque angle. Sur la première partie de la cour, s’ouvrent 7 bâtiments : l’infirmerie, les 5 bâtiments des hommes et garçons mineurs et de l’autre côté le bâtiment des femmes.

 

Au-delà, il y a un vaste espace vide, l’équivalent peut-être d’un stade de football, voire plus, espace laissé pour le moment aux mauvaises herbes, en dehors de l’emplacement d’un petit puits de dépannage et du forage qui doit fournir de l’eau à « la maison », comme disent certains prisonniers. Des projets de jardin et d’élevage pourront être mis en route à l’avenir, toujours avec la double idée d’améliorer le quotidien des prisonniers et de promouvoir des formations pouvant permettre une meilleure réinsertion à la sortie.

 

Les femmes disposent d’un bâtiment avec deux grandes chambres où elles peuvent dormir chacune sur des nattes. Aucune femme ne doit rester assise ou debout la nuit quand elles sont enfermées dans les chambres. Les enfants ne risquent pas non plus d’être écrasés dans leur sommeil à cause de la surpopulation carcérale. Devant le bâtiment, entourée d’un mur de plusieurs mètres de haut, une cour assez spacieuse pour la vie quotidienne. Le long du mur, les bidons jaunes traînent et les femmes me demandent de l’eau, qui manque cruellement. Un bidon de 25 litres d’eau claire en provenance de l’extérieur coûte 100  FCFA. Certaines ne peuvent pas toujours payer.

Les toilettes et les douches au fond de la cour ne sont donc pas bien entretenues. Mais que faire ? Quand on manque d’eau, on ne commence pas par nettoyer les sanitaires. Et y aura-t-il un jour l’eau courante ?

 

Dans le bâtiment qui abrite les mineurs, c’est la même architecture intérieure que dans tous les bâtiments : les deux chambres, la cour et les sanitaires au fond à droite en entrant. Les mineurs occupent la chambre de gauche. Ils sont au large. Ils ont déjà des lits superposés. Mais pas de table, pas de télé qui marche, pas d’activité dans la chambre. Par contre, ils ont deux heures de cours l’après-midi dans une salle du bâtiment administratif, grâce à une fondation privée de Maître Sambaou.

 

 

La vie a donc heureusement bien changé à la prison d’Abomey. Le partenariat des ONG avec les autorités pénitentiaires reste cependant indispensable pour corriger certaines carences (alimentaires, médicamenteuses…) et pour aider les prisonniers à se réinsérer lors de leur sortie.