ONG DAPI-BENIN

(Dispensaire Ami des Prisonniers et des Indigents)

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LAUREAT 2013 DU PRIX DES DROITS DE L'HOMME

DE L'AMBASSADE DE FRANCE AU BENIN

             

 

 

 

     DAPI-FRANCE

             69630 Chaponost

        Tél :+ 33 6 09 69 54 42

        sydapibenin@gmail.com

       

 

Un seul nom :  DAPI,

 

Une seule volonté :

 

aider les prisonniers et leurs familles.

La prison de Lokossa, un établissement pénitentiaire de premier ordre.

 

Quand l’adjudant Agnès Aimée Adjagbo a été nommée régisseure de la prison de Lokossa, elle a courageusement relevé le défi que constitue la gestion d’un établissement pénitentiaire qui, pour la première fois, était confiée à une femme. Aujourd’hui, deux ans plus tard, le succès est au rendez-vous. Lokossa est devenue une prison modèle (dans le contexte béninois).

 

Certes la surpopulation carcérale est toujours là : 469 détenus sur 150 places lors de la conception de la prison (chiffres du 3 octobre 2017) ; la détention préventive reste un élément préoccupant : 133 condamnés pour 336 prévenus ou inculpés, soit 28 % seulement de condamnés sur le total des détenus ; l’argent manque pour assurer tous les soins et la nourriture reste insuffisante.

Mais ces difficultés sont d’ordre structurel et dépendent du Ministère de la Justice du Bénin. Celui-ci participe d’ailleurs à l’amélioration de la prison civile de Lokossa. Un premier bâtiment est en cours de construction, déjà bien avancé, qui devrait être terminé en novembre 2017. Lors de notre visite, malgré le soleil de midi, tous les ouvriers sont en train de monter les murs. Ce bâtiment est destiné à désengorger la cour des hommes : il pourra loger 70 détenus qui coucheront, non plus sur des nattes, mais sur des lits superposés.

 

Un deuxième bâtiment est prévu, puis une modification des locaux administratifs pour dégager des salles pour des ateliers et autres lieux de formation pour les détenus.

 

Les fonds nationaux ont aussi été débloqués pour :

-          - réaliser la clôture de l’immense terrain de l’établissement pénitentiaire : un mur de 6 mètres de haut surmonté de barbelés dont la construction va débuter fin 2017 pour une durée de six mois ;

-         -  plus modestement, acheter un moulin à maïs qui fournira la farine nécessaire à la confection de la pâte.

 

Sur le plan local, les initiatives ne manquent pas.

Un poulailler a été réalisé en 2017 avec notre ONG DAPI et prochainement en 2018, le démarrage d’un élevage de lapins est prévu.

L’administration pénitentiaire de Lokossa a sollicité Plan-Bénin pour créer des formations pour les mineurs afin de faciliter leur réinsertion : travaux manuels, comme la fabrication d’objets en perles, paniers, colliers, porte-crayons… Le projet établi par la régisseure et son gardien chef a été retenu par Plan et les formations devraient commencer rapidement.

Créé par PRSF (Prisonniers sans frontières) pour les femmes détenues, l’atelier de tissage de pagnes est fonctionnel, disposant d’une formatrice qui enseigne aux prisonnières la pratique du métier à tisser. De beaux tissus colorés ont déjà été créés.

Les machines à coudre données par DAPI il y a quelques années continuent d’être utilisées au quotidien dans l’atelier de couture dirigé par un maître tailleur incarcéré qui a deux apprentis parmi les jeunes prisonniers.

Lors de notre passage ce 3 octobre, l’ONG « Jette ton filet » est en train de dispenser une formation spirituelle sur trois jours. Une assistance nombreuse, prisonniers et prisonnières réunis, est rassemblée dans la chambre des mineurs pour écouter les membres de l’ONG.

 

Nous rendons visite aux femmes. L’une d’elles a fait un accident vasculaire cérébral il y a trois semaines avec une hémiplégie droite et des troubles phasiques séquellaires. Moi qui suis médecin, je l’examine et conseille des mouvements de rééducation à faire réaliser par ses congénères. C’est une femme hypertendue dont la tension artérielle était à 24 lors de son hospitalisation pour son AVC. En effet, les patients les plus graves sont évacués sur l’hôpital de secteur et sont réincarcérés lorsque leur état est stabilisé. En attendant une éventuelle libération après son passage en Cour d’Assises en novembre, l’infirmerie de la prison peut heureusement lui fournir son traitement, ce qui n’est pas toujours le cas, les dotations de médicaments par l’Etat étant très insuffisantes.

 

Après le secteur des femmes, l’atelier de couture situé dans une petite cour sur laquelle s’ouvre la cour des hommes. Nous saluons les tailleurs au travail. Les petites boites rondes en plastique de couleur, bleues et vertes, sont rassemblées ici avant d’être distribuées aux prisonniers pour le repas de midi. Une boîte par détenu. En bonne régisseure, Agnès Adjagbo vérifie l’aspect de la pâte qui a l’air bonne. Mais il est certain que si la famille des détenus ne leur apporte pas un complément, la ration reste insuffisante.

 

 

Nous rentrons sur Bohicon pour faire la synthèse de la journée de travail. Avant de partir, nous avons chaleureusement félicité Agnès Adjagbo pour sa nomination le premier octobre en tant d’adjudant chef. Un grade bien mérité compte tenu du travail accompli.

 

Reportage Sylvie Daubignard - 2 octobre 2017