ONG DAPI-BENIN

(Dispensaire Ami des Prisonniers et des Indigents)

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LAUREAT 2013 DU PRIX DES DROITS DE L'HOMME

DE L'AMBASSADE DE FRANCE AU BENIN

             

 

 

 

     DAPI-FRANCE

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Un seul nom :  DAPI,

 

Une seule volonté :

 

aider les prisonniers et leurs familles.

Une maternelle à la prison d’Abomey.

 

Les petits qui vont à la maternelle, créée par les fonds de l’association de Maître Sambaou,  sont trop beaux à voir, surtout quand on a en mémoire leur situation dans l’ancienne prison d’Abomey. Ils sont comme les autres enfants qui vivent à l’extérieur de la prison. Ils ont tous un uniforme orange, un cartable, une boîte pour le goûter et traversent ensemble, seuls, la grande cour centrale pour rejoindre depuis le quartier des femmes leur salle de classe dans les bâtiments administratifs. Dommage que les photos soient interdites en prison. Vous auriez pu constater qu’heureusement, ils n’ont pas l’air triste, même si leur place n’est absolument pas ici quand ils grandissent un peu. Mais quand on les voit s’éloigner en nous tournant le dos, on ne peut s’empêcher d’avoir un vif pincement au cœur en lisant sur leur T-shirt « Enfant né en prison ou accompagnant un parent détenu ».

 

Dans la salle de classe, il y a de petites tables, des cahiers d’activité, quelques jeux. Une jeune enseignante de l’association de Maître Sambaou s’occupe des enfants. Quand je passe les voir, c’est l’heure du repos. Ils sont tous profondément endormis sur une natte, sauf M., le plus grand, né en 2012 et qui a donc 5 ans et demi. M. me connaît bien. Il y a quelques années, il pleurait dès qu’il me voyait, comme beaucoup de petits enfants ici, car je suis blanche et que je fais donc peur. Maintenant, il me taquine. Il est plein de joie de vivre. Lui et sa maman devraient peut-être bientôt sortir. Il est temps pour M., mais sa mère est rejetée par sa famille et n’a reçu aucune visite depuis plusieurs années. Il sera important que DAPI puisse les soutenir. Vous allez me dire : ce sont toujours les mêmes histoires que vous nous racontez, des prisonniers, des enfants de prisonniers…. C’est vrai, mais quand on connaît ces personnes, enfants et adultes, ce sont au contraire toujours des trajectoires singulières, des besoins particuliers et des enfants dont on peut presque dire qu’ils sont à sauver. Et nous ne devons pas baisser les bras, malgré les difficultés de tout ordre, financières, culturelles, peur universelle du monde carcéral…

 

 

En sortant de la prison, je vois quatre nouvelles personnes arrivées en voiture de police pour être incarcérées. Quatre, je devrais dire cinq : parmi ces nouveaux détenus, il y a une femme avec un bébé accroché dans son dos, qui dort pour le moment paisiblement. Je vois un prisonnier se signer à son passage. Je lui dis « Vous êtes comme moi, vous pensez que la place des bébés n’est pas en prison » et il opine de la tête. Je ne suis heureusement pas la seule à trouver cela insupportable.

 

Sylvie Daubignard - octobre 2017